Après un démarrage timide il y a un mois, le diptyque de La Bataille De Gaulle retrouve des couleurs au point de devenir un succès du cinéma français cette année. Reste à savoir comment et si l’épopée n’est pas à nuancer.
On fera difficilement meilleure mise en abîme avec La Bataille De Gaulle cette année. Alors que le premier volet raconte l’histoire d’un général bien isolé avant de progressivement trouver des premiers soutiens, la seconde partie poursuit sur cette dynamique jusqu’à plonger en pleine Résistance pour inverser la tendance. C’est précisément ce que vit le diptyque au cinéma depuis un mois et demi.
Même Cinefeel Mécénat, qui a pourtant encensé la Partie 1 : L’Âge de Fer, peinait à croire en la victoire du grand Charles dans un second article (nos excuses, mon général). Mercredi 2 juillet, le premier volet affichait 1,3 million d’entrées quand le second, sorti exceptionnellement un vendredi 26 juin, réalisait un excellent démarrage avec plus de 400 000 entrées en cinq jours (et non sept). Si la remontada est en effet exceptionnelle, il convient de nuancer un peu ces chiffres.
La France du cinéma en résistance
De Gaulle Partie 1 ne démarrait pourtant pas très fort avec seulement 381 000 entrées puis 231 000 la semaine suivante. Le décollage intervient après vingt jours pour remonter à 271 000 entrées puis 471 000 entrées lors de la Fête du cinéma. C’est précisément cet événement avec des places à 5 €, qui a permis au film de tenir sur la durée. Ajoutez à cela un bouche-à-oreille digne des grandes heures de la Résistance, une canicule profitable pour les salles et un second volet qui arrive dans la foulée. Voilà comment, après cinq semaines d’exploitation, De Gaulle Partie 1 culmine à 1,6 million d’entrées. De quoi redresser la barre avec l’appui de la partie 2, qui, à elle seule, profite de cet engouement pour atteindre bientôt le million. Les deux cumulées atteindront probablement les 3 millions d’entrées à l’heure où nous écrivons ces lignes.
Une France libre hors budget
Atteindre une telle régularité est exceptionnel. Pour autant, les chiffres restent en dessous de la moyenne des gros succès. Les Trois Mousquetaires I & II avaient atteint la barre des 6 millions, pourtant loins d’être une franche réussite. Cela se répercute dans la rentabilité. France Info affirme qu’au 5 juillet, le diptyque d’Antonin Baudry aurait rapporté plus de 16 millions d’euros. Un constat crédible étant donné qu’une société de production en France n’empoche qu’un tiers du billet de cinéma. C’est bien peu face aux 76 millions investis.
La flamme n'est pas éteinte
Pour autant, le film peut encore sauver les meubles. Il reste aussi la carrière à l’international où la répartition des gains est plus clémente qu’en France. Il reste enfin les droits télé. Nul doute que le film fera des cartons avec ses nombreuses diffusions sur TF1, France 2, Canal+, etc. Pour l’heure, Éric Marti, directeur général de Comscore France, l’institut de mesure du box-office français, compte sur l’emballement patriotique et le week-end de pont du 14-Juillet. Ce sera probablement le tremplin de la dernière chance. Car L’Odyssée de Christopher Nolan débarque le lendemain et risque de laisser des miettes à la concurrence.