C’est avec une certaine idée du Grand Charles qu’Antonin Baudry livre son diptyque LA BATAILLE DE GAULLE, dont la première partie est sortie le 3 juin dernier. Intitulée L’AGE DE FER, cette fresque grand spectacle joue avec la réalité historique pour en faire une aventure pur cinéma, et emporte le public par son panache.
©2026 Pathé Films - TF1 Films Production - Belvédère - Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma.
L’œuvre, qui se veut épique, rythmée, incarnée, s’attarde sur la période 1940-1942 avec un menu bien copieux : l’effondrement de la France, le départ pour Londres, les difficultés constantes et les premières victoires en Afrique. Face à cette densité historique, le réalisateur choisit l’angle du combat, et façonne un Charles de Gaulle original, incarné par un Simon Abkarian habité, à la manière de sa bande-dessinée QUAI D’ORSAY, dont on remarquait déjà le goût pour les personnages flamboyants.
Antonin Baudry se détache donc du monument austère des manuels scolaires pour faire du Général un Don Quichotte à la gauloise, sorte d’hurluberlu sorti de nulle part, boosté par le culot, la certitude et le devoir, comme pour mieux construire, à mesure que le récit se déploie, la figure d’homme providentiel, l’incarnation charnelle de la France que l’on connait bien.
Surtout, l’œuvre, cernée par les décors carton-pâte et les couleurs saturées, surprend d’abord par sa cocasserie ambiante, rendant encore plus floues les limites entre la réalité et la fiction. En ce sens, cette première partie prend des airs de divertissement librement fantasque et artificiel, dans la droite lignée des autres superproductions Pathé que sont LES TROIS MOUSQUETAIRES et LE COMTE DE MONTE CRISTO.
C’est seulement lorsque le récit se met à raconter dans les détails l’une des plus grandes batailles d’Afrique, Bir Hakeim, que l’ensemble prend soudainement plus de poids, de solennité. L’intrigue parallèle qui nous est contée, celle d’une jeunesse qui ne peut rester passive face au destin de son pays, ajoute de l’émotion, une dramaturgie nécessaire.
Au cœur de cette vaste vulgarisation de la grande Histoire, LA BATAILLE DE GAULLE : L’ÂGE DE FER restitue l’essentiel de la leçon, cet esprit de la France Libre fait de courage, de fébrilité et d’espoir. « A l’audace ! », comme dit l’un des protagonistes. Rendez-vous le 3 juillet pour la deuxième partie.
Et pour celles et ceux qui ne veulent pas attendre, voyons ensemble ce que la deuxième partie nous réserve…