Vous avez aimé Backroom ? Avant lui Obsession ? Vous reprendriez donc bien un petit peu d’horreur. D’autant que Kraken est une production maison. À peine arrivé sur nos écrans, on ne parle que de ce long-métrage qui sortira mercredi 30 septembre. On voit pourquoi en cinq raisons.
La décennie 2020 donne la chair de poule
Les années 2020 ont vu le genre de l’horreur revenir en force. Après une première vague en 2024 qui a vu paraître Speak No Evil, Heretic, Companion ou encore Sleep, les États-Unis ont lancé la seconde avec récemment Obsession et Backroom. En France, on a rapidement emboîté le pas. Vermines d’abord (27 décembre 2023), puis The Substance (2024). Si le long-métrage de Coralie Fargeat a choqué la planète entière, celui de Sébastien Vaniček a davantage surpris son monde en s’affirmant comme une petite perle de l’horreur artisanale. Il y en a bien d’autres qu’on vous liste dans cet article pour passer le meilleur halloween cinéphile de sa vie. Avec sa bande de jeunes pris au piège dans une cité poisseuse, Kraken rappelle sans aucun mal le film aux petites araignées. Il s’inscrit dans un genre qui arrive à dire beaucoup sur son époque actuelle tout en assurant un divertissement de qualité.
Malaise médiatique
C’est le moment qui fait basculer un film d’épouvante dans une autre dimension. Quand le malaise saisit un spectateur, celui qui le fait littéralement tomber de son siège. C’est arrivé pour Kraken. Au Grand Rex, deux spectateurs se sont évanouis pendant la projection. Il n’en faut pas plus pour médiatiser le film. Allociné, Première, Numérama en parlent et dorénavant Cinefeel. Une aubaine pour la production (surtout quand le dernier des quatre s’empare du sujet…).
L’attrait de la nouveauté
À l’instar de Vermines ou Obsession, Kraken bénéficie de l’image de premier film qui séduit toujours les cinéphiles en quête de nouveauté. Romain Protat et Mohamed Chabane s’associent sur ce projet et engagent également de jeunes comédiens encore peu connus du grand public. Si Alassane Diong a déjà percé dans des seconds rôles (L’Amour c’est surcôté, Tirailleurs) ou des séries (La Fièvre), on connaît beaucoup moins Manon Bresch ou Bilel Chegrani. On compte également les rappeurs Gazo et La Mano 1.9. Kraken devrait répondre à sa promesse de film indépendant, peut-être sans moyens, mais surtout sans limite artistique.
Fait main
Pour s’affranchir des contraintes d’espace liées aux décors étroits de l’immeuble, le directeur de la photographie Raphaël Vandenbussche a développé un stratagème fastidieux mais malin. Avec les réalisateurs, des doublures et des masques, ils ont filmé le long-métrage une première fois à l’iPhone, afin de mieux s’adapter par la suite, séquence par séquence. De même, on élude au maximum le numérique et on s’appuie le plus possible sur les effets pratiques. Exemple : les créateurs d’effets spéciaux Daniel Weimer et Franck Dubois se sont appuyés sur des références médicales de grands brûlés pour les prothèses et autres images gores.
Fait maison
De même, le tournage se déroule dans une cité française, celle de la Grande-Borne à Grigny. Les formes arrondies, presque entrelacées, des immeubles de la cité évoquent celles d’un labyrinthe. C’est aussi la cité de Bilel Chegrani, qui y a tourné son premier court-métrage dix ans plus tôt. Un retour au bercail qui s’annonce épique, horrifique et aussi médiatique.