D’une cité abandonnée en plein cœur de l’Essonne naît un formidable terrain de jeu pour KRAKEN, film de genre qui trouve sa jouissance dans le gore.
De quoi ça parle, exactement ? D’une bande de jeunes qui remarquent qu’une tour de leur quartier n’est pas si désertée que ça… et que quelque chose rôde à l’intérieur. Sans état d’âme (ou presque), un mec à l’uniforme de flic s’y cache. Et tue tout ce qui rentre. Nos jeunes osent s’y aventurer…. Morts brutales garanties.
Du gore et des morts
S’il n’est pas le moment d’horreur que l’on pouvait espérer, désamorcé par un humour très présent, KRAKEN joue avec l’archétype de la banlieue, de l’antagonisme entre flics et petites frappes, pour en faire un slasher à la française qui aime torturer ses personnages et prendre les risques d’une première œuvre. Un huis-clos qui parle aux jeunes pour sa spontanéité, son ton, ses personnages attachants…. Et pas seulement pour la présence à l’écran du célèbre rappeur Gazo qui, lui aussi, s’est bien pris au jeu.
Plein d’influences, KRAKEN tient son originalité de la reprise de codes visuels bien marqués et d’une recherche esthétique poussée. La traditionnelle maison hantée fait place à la cité abandonnée, tandis que notre tortionnaire, muni d’un gilet pare-balle, use de ses grenades explosives, taser, aérosol lacrymo ou autres, pour venir à bout de ses proies qui n’ont rien d’autre que leur courage (et quelques mortiers) pour s’en sortir. Le film bénéficie à coup sûr d’un méchant qui a de la gueule… et d’une héroïne badass, dont on regrette tout de même le déploiement tardif dans cet ensemble fortement testostéroné.
La forme plus que le fond
Dans les 1 h 30 réglementaires de ciné-popcorn entre amis, l’œuvre est bien plus attachée à la construction d’une ambiance plutôt qu’au développement d’un sous-texte, d’un fond social, que son environnement ou le parcours de ses personnages auraient pourtant pu nourrir. Une telle démarche aurait sans doute permis à l’œuvre de gagner en épaisseur et en impact, là où son propos demeure timoré.
Quoi qu’il en soit, KRAKEN inscrit de bonnes images et un vrai univers. Une horror-story made in France pleine d’enthousiasme qui démarre bien l’automne. Comme quoi, on n’a pas besoin d’attendre la fin du mois pour que les monstres osent se montrer.