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L’interview imaginée : Jean-Jacques Goldman

Fête de la Musique, Fête du Cinéma : et si Jean-Jacques Goldman avait dit oui au grand écran ?

À l’heure où la musique et le cinéma se répondent en juin, nous avons imaginé Jean-Jacques Goldman de l’autre côté de l’écran : auteur de chansons devenu scénariste et réalisateur le temps d’une fiction.

Une conversation imaginaire, fidèle à son univers, qui n’a jamais eu lieu mais qui aurait pu exister.

C’est parti…

Jean-Jacques Goldman interview du réalisateur de cinéma

Paris, juin 2026. La ville s’agite dehors, mais ici tout semble suspendu. Jean-Jacques Goldman arrive sans bruit, comme il a toujours vécu sa célébrité. Dans ce monde imaginaire, pourtant, il ne vient pas présenter un album. Depuis quelques années, il écrit pour le cinéma.

Assis face à nous en tant que réalisateur, il évoque les films qu’il met en scène, les émotions qu’il apprend à raconter autrement et cette étrange liberté de passer d’un refrain à un scénario. Une autre vie, en somme. Pas tout à fait réelle. Pas tout à fait impossible.

Journaliste : Jean-Jacques, merci d’avoir accepté cette interview. On vous découvre aujourd’hui dans un rôle inattendu : celui de scénariste et compositeur pour le cinéma. Pourquoi avoir sauté le pas ?

Jean-Jacques Goldman : J’ai longtemps refusé, c’est vrai. J’avais peur du cinéma. De son côté démesuré. De l’ego, parfois aussi. Et puis un jour, un réalisateur m’a parlé d’une histoire qui ne cherchait pas à impressionner mais simplement à regarder les gens. Là, quelque chose m’a parlé. J’ai reconnu un territoire familier.

Journaliste : Vous parlez du film Erreur de destination. Vous en avez coécrit le scénario et la bande originale. Était-ce un vieux rêve ?

Goldman : Je crois que je n’osais même pas le formuler. Quand j’étais jeune, j’allais beaucoup au cinéma. J’étais fasciné par Lelouch, Tavernier, Sautet… mais surtout par leur façon de regarder les gens. J’ai toujours écrit des chansons comme on observe une scène : quelqu’un entre, quelqu’un part, quelque chose se joue sans forcément être dit.

Le cinéma et la chanson racontent la même chose au fond. Ils cherchent juste des chemins différents pour y arriver. Peut-être que je suis resté du côté de la musique parce que j’aimais laisser une partie des images à ceux qui écoutaient.

Journaliste : Pourtant, votre style très narratif aurait pu trouver sa place au cinéma bien plus tôt.

Goldman : Peut-être. Mais les chansons m’ont offert une liberté immense. Trois minutes suffisent parfois pour raconter une vie entière. Au cinéma, il faut expliquer davantage. Montrer. Moi, j’ai toujours aimé ce qui reste entre les lignes.

Jean-Jacques Goldman, réalisateur de cinéma

Journaliste : Comment est né Erreur de destination ?

Goldman : D’une idée très simple.

Un homme prend un train pour assister à une réunion importante. Il descend dans la mauvaise ville. Au début, il est contrarié. Il cherche comment repartir au plus vite. Puis il comprend qu’il devra attendre plusieurs heures.

Alors il marche.

Il entre dans un café. Discute avec la patronne. Croise un ancien musicien qui n’a jamais quitté la région. Un adolescent qui rêve de partir. Une femme qui attend quelqu’un sans savoir s’il viendra. Toute la journée, il écoute des gens qu’il n’aurait jamais dû rencontrer.Et il  découvre que les détours racontent parfois davantage que la route prévue.

Journaliste : C’est une comédie ?

Goldman : Oui… enfin, pas une comédie où l’on rit toutes les deux minutes. Une comédie douce.

J’aime les personnages qui se prennent très au sérieux alors que la vie leur rappelle gentiment qu’ils ne contrôlent pas grand-chose.

Le rire vient souvent de là.

Journaliste : On retrouve finalement beaucoup de thèmes présents dans vos chansons.

Goldman : Probablement. Les départs, les rencontres, les choix, le hasard… Je crois que j’écris toujours un peu la même histoire.

Simplement avec des personnages différents.

Jean-Jacques Goldman, réalisateur du film Erreur de destination

Journaliste : Vous avez souvent écrit sur ceux qui partent. Dans ce film, le personnage principal apprend presque à rester.

Goldman : C’est vrai.

Quand on est jeune, on croit que tout est ailleurs. Puis on découvre que certaines choses importantes se trouvent juste à côté de nous et qu’on ne les regardait plus.

Journaliste : La musique a-t-elle été difficile à composer ?

Goldman : Au contraire.

Je ne voulais pas une musique qui explique les émotions. Je voulais une musique qui accompagne les silences.

Les personnages parlent déjà beaucoup sans ouvrir la bouche.

Journaliste : Et ce film arrive en 2026. Pourquoi maintenant ?

Goldman : Parce qu’il faut parfois toute une vie pour comprendre ce qui nous intéresse vraiment.

Quand on est jeune, on raconte ce qui nous arrive. Avec le temps, on s’intéresse davantage à ce qui arrive aux autres.

Journaliste : Le cinéma vous donne-t-il envie de continuer ?

Goldman : Je ne sais pas.

J’ai toujours pensé qu’il fallait se méfier des plans de carrière. Les plus belles choses qui me sont arrivées n’étaient pas prévues.

Ce film parle d’ailleurs exactement de cela.

Journaliste : Et la dernière image ?

Goldman : Le train du soir.

L’homme est assis près de la fenêtre. Il regarde défiler les lumières dans la nuit.

On ne sait pas s’il est en retard. On ne sait même pas s’il a encore envie d’arriver. Mais pour la première fois depuis longtemps, il ne regarde plus sa montre.

Jean-Jacques Goldman, réalisateur du film Erreur de destination

Journaliste : Finalement, ce film ressemble beaucoup à vos chansons.

Goldman : Peut-être.

J’ai toujours eu l’impression que les chansons étaient de petits films sans images. Alors, cette fois, j’ai simplement ajouté l’écran.

Fin de l'entretien

La conversation s’achève.

Jean-Jacques Goldman se lève, attrape sa veste et adresse un dernier sourire avant de disparaître dans le couloir.

Cette rencontre n’a jamais eu lieu. Le film Erreur de destination non plus.

Retour à la réalité

Et pourtant, en refermant ces pages, on se demande si certaines fictions ne continuent pas à exister autrement, quelque part entre les mots et la mémoire.

On referme cette interview imaginaire avec le sentiment étrange d’avoir effleuré un film qui n’existe pas, mais dont les thèmes nous sont familiers.

Un homme en mouvement.

Un homme qui avance.

Et tandis que les lumières s’éteignent, une vieille chanson revient doucement à l’esprit : Je marche seul.

Peut-être parce qu’au fond, c’est ainsi que se terminent ses plus belles histoires.

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