Selon 180 signataires issus du cinéma français, le projet de loi de finances 2027 pourrait avoir un effet « sans précédent » sur la production de longs-métrages.
La France semble glisser vers la crise financière et le cinéma français aussi. C’est du moins ce que redoutent 180 personnalités du cinéma français, à l’image de Jacques Audiard, Michel Hazanavicius, Agnès Jaoui, Julia Ducournau ou encore les frères Dardenne.
En publiant une tribune dans Le Monde mercredi 14 octobre, les signataires dénoncent une potentielle restriction du budget alloué au cinéma français dans le projet de loi de finances pour 2027.
France TV, Canal + et le CNC dans le viseur
Ce projet prévoit de serrer la ceinture à plusieurs niveaux. D’abord, France Télévisions verrait son budget amputé de 47 millions d’euros en 2027. La chaîne est publique. Il y aurait simplement une réduction directe de son portefeuille. Canal+, chaîne privée, serait aussi concernée.
La taxe prélevée sur ses abonnements passerait de 10 % à 20 %. Le Centre national du cinéma (CNC) pourrait, en cas d’un amendement précis, aussi être victime de la mesure. Il prévoit un prélèvement de 35 millions d’euros sur ses ressources. Cela serait un coup dur pour les petits films, comme pour les plus gros, en particulier le projet de Pathé de développer régulièrement des blockbusters à la française tels que Les Misérables, qui récolte d’ailleurs de nombreux avis positifs y compris sur Cinefeel.
400 films en moins de 2028 à 2032
Autant de menaces qui auraient un impact sur la production de films. Moins d’argent, c’est moins de financement et donc moins de place à la création. Parmi ces trois menaces, la plus inquiétante pour les signataires reste celle concernant Canal+. En juillet 2026, la chaîne cryptée s’était engagée auprès de la profession du 7e art en renouvelant son accord de soutien financier. Avec un petit astérisque en bas de page qui pourrait tout changer : seulement si on ne touche pas à la TVA.
Ce nouveau projet de loi pourrait donc rendre caduc l’accord de cet été. Conséquence, ils estiment une perte pour leur secteur à hauteur de 750 millions d’euros, soit : « sur une durée de cinq ans, ce sont 400 films qui n’existeront pas », alerte la tribune. Soit 80 productions par an.
D’effet boule de neige à l'avalanche d’ennuis
Les cinéastes appellent donc à bloquer cet amendement. Sans oublier de parer aux autres inquiétudes grandissantes qui déboulent à la file indienne : chronologie des médias, intelligence artificielle et sécurité du CNC. Le tout sans compter la présidentielle 2027 qui pourrait rebattre les cartes. Le budget, lui, n’est pas encore voté. Tout ceci n’est donc qu’hypothétique. Mais peu emballant pour un cinéma français qui représente, selon les signataires, 40 % des entrées dans l’Hexagone.