Après avoir décroché une Palme d’or avec Titane — et offert à une Cadillac l’un des rôles les plus mémorables du cinéma récent — Julia Ducournau s’attaque à une autre icône. La réalisatrice, tout juste revenue avec Alpha, signe le clip de C’est à qui le tour pour Mylène Farmer.
Pour ce nouveau single, la chanteuse confie son univers à la cinéaste de Grave et Titane, connue pour son goût des métamorphoses, des corps en mutation et des personnages qui évoluent aux marges. Un cinéma physique, parfois dérangeant, toujours hypnotique, qui explore les failles autant que les renaissances.
Julia Ducournau transforme ici le clip en terrain d’errance. Mylène Farmer y traverse des foules, des ombres et des espaces presque irréels, comme si elle avançait dans un rêve dont les contours ne cessent de se dérober. Une manière de filmer qui épouse parfaitement les zones de mystère cultivées par la chanteuse depuis ses débuts.
Les fans les plus attentifs remarqueront également un clin d’œil à Libertine, comme une rencontre entre la Mylène d’hier et celle d’aujourd’hui. Une façon subtile de faire dialoguer plusieurs époques d’une carrière qui n’a jamais cessé de se réinventer.
Au fond, C’est à qui le tour ressemble moins à un clip promotionnel qu’à la rencontre de deux imaginaires qui se répondaient déjà à distance. Le plus surprenant n’est peut-être pas cette collaboration. C’est qu’elle n’ait pas eu lieu plus tôt.