Sorties sur grand écran mercredi 25 juin, les Minions, ces petites créatures de Moi, Moche et Méchant, font un démarrage canon pour leur troisième aventure en solo, loin de Gru et de Mario. Derrière ces trois franchises qui cartonnent se cache Illumination, un studio français.
Qu’est-ce que Illumination, le studio français derrière les cartons Les Minions et Super Mario Galaxy ?
Qui a dit que l’animation allait mal ? Chez Hollywood, peut-être, mais en France, c’est tout le contraire. Les films indépendants trouvent de quoi se faire une place dans les festivals (Arco, La Plus précieuse des marchandises, Amélie et la métaphysique des tubes), tandis que Super Mario Bros a franchi la barre du milliard de dollars en 2026. Deux mois plus tard, Des Minions et des Monstres assure un démarrage canon depuis sa sortie en salle mercredi 25 juin.
Derrière ces deux films d’animation se cache un studio français : Illumination.
Illumination trouve son origine en France en 1986. Jacques Bled et ses quatre associés fondent le studio d’animation Mac Guff Ligne. Outre-Atlantique, les Américains jettent un œil attentif à cette petite société parisienne au grand talent. Lorsque le surdoué de l’animation Pierre Coffin s’engage avec Jacques Bled en 2004, c’est le moment pour Chris Meledandri, ancien producteur chez Disney et Blue Sky, de saisir son téléphone. Il veut fonder une filiale d’animation d’Universal, qui prendra le nom d’Illumination Mac Guff.
Le talent français combiné au sens du business américain
Le studio est censé concurrencer Disney ou DreamWorks. Il va y parvenir très vite. En 2010, le carton de Moi, Moche et Méchant propulse Illumination. Le studio transforme sa poule aux œufs d’or en franchise et en crée d’autres : Comme des bêtes ou Tous en scène. Comme Les Minions, Super Mario Bros a dépassé le milliard de dollars au box-office.
Une barre que même les plus grands blockbusters américains rêvent de franchir une seule fois. Alors deux d’affilée, cela tient presque de l’exploit.
Pitreries d’adultes
Un film Illumination, c’est de l’humour, du tout public et des graphismes tout en rondeur. Les enchaînements et les gags sont aussi rapides que visuels. Pour toucher tous les publics, Pierre Coffin, qui co-réalise en même temps cette saga, s’attache à toujours en donner autant aux parents qu’aux enfants. « On pense souvent, dans notre plan, à ce qui se passe en arrière-plan, explique le réalisateur au micro du journaliste Samuel Étienne. Derrière deux Minions qui se chamaillent, il y aura toujours quelque chose pour capter l’œil du spectateur plus averti. »
C’est aussi la raison pour laquelle Super Mario Bros a si bien marché. Derrière l’aventure promise aux plus petits, le thème, les musiques et les clins d’œil au jeu séduisent les générations précédentes. Sans compter le travail très poussé sur la colorimétrie qui, au mieux, illumine le spectateur, au pire, le transporte dans un joyeux trip hallucinatoire.
Pour le moment, les créations inédites du studio sont rares et, à l’image de Disney, il capitalise sur ses franchises. Reste à savoir si cela suffira. Pour l’instant, ses deux dernières productions semblent répondre très positivement à cette question. Mais les troisièmes volets de Tous en scène et Comme des bêtes assureront-ils la même rentabilité ? Pour le savoir, il faudra attendre encore quelques années. Aucune date n’a été annoncée et Chris Meledandri ne table pas sur une sortie avant 2030.
C’est peut-être cela, la recette du succès chez Illumination : prendre son temps.