À l’occasion de la 79e édition du festival de Cannes qui se déroulera du 12 au 23 mai, Cinefeel mécénat revient sur cinq films français auréolés de la Palme d’or qui ont marqué la rédaction.
Le festival de Cannes approche. Alors que la rédaction de Cinefeel mécénat est dans les starting-blocks pour suivre tout ça de très près, elle s’est écharpée en amont pour sélectionner cinq films français qui ont marqué les compétitions précédentes. Chacun a une Palme d’or, mais leur sélection (et non-sélection) fera forcément des déçus. C’est parti.
Anatomie d’une chute (Palme d’or 2023)
On commence par le dernier récompensé. Le festival de Cannes a boosté le film et la carrière de Justine Triet en lui accordant cette Palme d’or méritée.
Anatomie d’une chute est l’un des rares films de procès qui arrive à être prenant sur le volet du couple en même temps. On revient moins sur le crime que sur la séparation d’une femme et son mari, décédé après une chute d’un étage.
L’a-t-elle poussé ? Une dispute conjugale peut-elle faire ressortir ce qu’il y a de pire chez chaque individu ? Deux questions, et beaucoup d’autres, sont posées par le film. C’est ce qui le rend fascinant.
Amour (Palme d’or 2012)
Peu de films parlent d’amour aussi bien que celui de Michael Haneke. Avec une mise en scène épurée, deux personnages abordent dans un huis clos la fin de vie. Le sentiment amoureux, entre deux acteurs qui l’incarnent merveilleusement bien (Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva), prend fatalement tout son sens.
Amour s’impose par son refus de tout artifice, laissant place à une vérité brute, parfois difficile à regarder. Haneke capte avec une précision clinique l’usure du quotidien, tout en laissant affleurer une tendresse constante entre les personnages.
Le Pianiste (Palme d’or 2002)
Dans Le Pianiste, Roman Polanski s’attache davantage à nous faire ressentir la persécution.
Dans cette fresque, la première moitié pose le contexte et la seconde nous immerge dans une peur constante. Celle qui pousse un homme, autrefois respecté en société, à ne devenir plus qu’un animal cherchant à survivre dans la jungle du ghetto. Comme Adrien Brody, on n’a jamais pris autant de plaisir à découvrir une boîte de conserve de haricots dans un placard. C’est la puissance de son jeu d’acteur et son désespoir qui nous permettent de frôler l’espace de quelques heures ce qu’on ressent quand on doit tout faire pour survivre à l’ennemi qui est partout.
Rosetta (Palme d’or 1999)
Ok, Rosetta est réalisé en Belgique, par des Belges, avec des Belges, et même si on adore nos voisins, on se demanderait pourquoi le film est « français ». Luc et Jean-Pierre Dardenne ont largement fait appel à des boîtes de production hexagonales pour ce long-métrage. Cet article concocté par Cinefeel Mécénat vous aidera à cerner la nationalité d’un film.
Tout d’abord, Rosetta figure dans ce top pour l’actrice qui l’incarne. La regrettée Émilie Dequenne se révèle au monde entier avec un jeu physique, récompensée par la même occasion du prix d’interprétation.
Elle est bien accompagnée par la caméra à l’épaule des réalisateurs, qui épouse chacun de ses gestes rageurs qu’elle tente de contenir à chaque instant. Ce trio préfère les gestes à la parole, mais parvient à nous communiquer chaque émotion. C’est ce qui le rend fort.
Les Parapluies de Cherbourg (Palme d’or 1963)
Avec Jacques Demy, les émotions ont une couleur. Elles sont une note musicale. Les Parapluies de Cherbourg sont révolutionnaires dans la mise en scène.
Avec son compositeur Michel Legrand, Jacques Demy rend chaque sentiment palpable et perceptible. Cette œuvre (avec 100 % des dialogues en chanson) nous plonge dans un univers onirique et « en-chanté », comme Demy le promettait.
Elle n’en reste pas moins une tragédie amoureuse. Un paradoxe poétique qui a séduit le jury en 1963, devenant révolutionnaire et culte.
La musique sublime évidemment chaque instant. Et pour comprendre à quel point une BO est capitale dans une œuvre, la newsletter Uppercut de Cinefeel Mécénat fait un focus sur les plus grandes bandes originales du 7e art.
Désormais, reste à savoir si un nouveau film français parmi les prétendants (qu’on dévoile ici) ornera cette liste en 2026. Et pour mieux comprendre comment ils ont été sélectionnés, on vous renvoie vers cet article qui résume les critères auxquels répondre afin de faire partie de cette prestigieuse compétition.