Dévoilée jeudi 9 avril, la liste du Festival de Cannes est toujours très attendue. Mais la manière dont elle a été conçue reste moins connue. On fait le point.
Le Festival de Cannes approche et les paris sont déjà là. Qui, parmi les films de la sélection dévoilée jeudi 9 avril et relayée par Cinefeel Mécénat, remportera la Palme d’or, le Grand Prix du Jury ou encore celui d’Un Certain Regard ? S’il est encore un peu tôt pour le savoir, la Croisette s’ouvre dans un mois (du 12 au 23 mai), on peut déjà s’interroger sur la manière dont cette liste est établie.
Près de 3 000 films sont proposés chaque année. Les inscriptions s’ouvrent en automne et le gros de la sélection s’intensifie l’hiver, jusqu’à la date butoir de fin mars. Une soixantaine d’entre eux seulement sont retenus par un comité de sélection d’une quinzaine de personnes, établi par le délégué général du festival, Thierry Frémaux. Tous consultent en moyenne six films par jour puis débattent d’une liste de sélection, dont le DG sera l’ultime décisionnaire.
Une sélection par section
Chaque film visionné est soit recalé, soit casé dans une section : une vingtaine participeront à la compétition officielle, où les lauréats remporteront la Palme d’or, le Grand Prix ou d’autres récompenses qui en découlent. Il y a également des sélections pour Un Certain Regard (dont la liste vient d’être publiée), Hors compétition ou encore Séances de minuit. Pour établir toutes ces listes, il n’y a pas de critères cinématographiques précis. Dans une interview donnée au média RTBF (parce qu’on va jusqu’en Belgique pour vous donner une info de qualité), Thierry Frémaux souligne l’importance d’avoir un bon équilibre, entre films d’auteurs et d’autres plus grand public, généralement réservés à l’ouverture, à la clôture ou hors compétition : « Les gros films protègent les petits films, explique-t-il. Mon métier n’est pas de dire j’aime ou pas, mais de prendre les œuvres en ce qu’elles disent de ce qu’est le cinéma aujourd’hui. »
C’est aussi pour cette raison qu’on retrouve des réalisateurs qui ont leur rond de serviette à la Croisette : Tarantino, Kore-eda, Ken Loach. Et qu’on découvre de futurs grands noms comme Coralie Fargeat pour The Substance ou Justine Triet avec Anatomie d’une chute, qui a démarré à Cannes avant de tout rafler aux Césars et d’obtenir l’Oscar du meilleur film étranger.
À noter que la Quinzaine des cinéastes et la Semaine de la critique sont des organismes indépendants du festival. La première a été créée en 1969 par la Société des réalisatrices et réalisateurs de films (la SRF) et n’est pas compétitive. Contrairement à la seconde, organisée par le Syndicat français de la critique de cinéma et des films de télévision.
Les critères pratiques
Pour qu’un film soit sélectionné, il doit répondre à plusieurs critères. Il ne peut pas avoir été diffusé auparavant sur Internet ou en DVD, ni avoir participé à un festival précédent, et devra obligatoirement être diffusé en salles françaises par la suite s’il est en compétition. Même si un film n’est pas encore totalement achevé, il peut être candidat. Cela avait notamment été le cas pour Once Upon a Time in… Hollywood, qui était encore en cours de montage au moment de l’inscription.
Le long métrage doit durer au minimum 60 minutes. Les films d’animation et documentaires sont également acceptés. Les courts métrages aussi, à condition qu’ils ne durent pas plus de quinze minutes.
Car il y a beaucoup de films à voir et c’est ce qui rend l’événement aussi excitant. J-26 !