Deux sorties cinéma très attendues débarquent aujourd’hui en salles, et le choix n’est pas si simple. Présentés tous deux à Cannes 2026, ils n’y occupent pourtant pas la même place : La Vénus électrique de Pierre Salvadori a été choisi pour ouvrir le festival, tandis que Histoires parallèles d’Asghar Farhadi s’inscrit dans la sélection officielle, avec une réception déjà très commentée. Deux films très différents en apparence, mais qui se rejoignent autour d’une même idée : celle de personnages qui se construisent des récits pour tenir tête au réel.
Deux visions du mensonge et du réel
Avec La Vénus électrique, Salvadori retrouve son goût pour les personnages cabossés et les sentiments compliqués. Dans le Paris des années 1920, un peintre endeuillé croit pouvoir communiquer avec sa femme disparue grâce à une médium… qui est en réalité une arnaqueuse improvisée. Porté par Pio Marmaï et Anaïs Demoustier, le film mêle humour, fantaisie et mélancolie avec une élégance très classique du cinéma français.
Face à lui, Histoires parallèles joue une carte plus sombre. Isabelle Huppert y incarne une romancière qui observe ses voisins pour nourrir son travail, jusqu’à ce que fiction et réalité commencent à se confondre. Farhadi construit un récit tendu, où chaque personnage semble cacher quelque chose, et où la vérité reste toujours instable.
Malgré leurs styles opposés, les deux films se rejoignent sur un point essentiel : ils montrent des personnages qui fabriquent des histoires pour survivre. Chez Salvadori, le mensonge devient une manière d’aimer et de continuer à avancer. Chez Farhadi, il révèle au contraire les failles, les tensions et les zones d’ombre.
Alors, on va voir quoi ?
Si vous cherchez une parenthèse romanesque, drôle et mélancolique, La Vénus électrique devrait vous séduire. Si vous préférez les récits à tiroirs et les zones grises, Histoires parallèles promet quelques beaux vertiges.
Mais au fond, les deux films posent sensiblement la même question : que racontent les histoires qu’on s’invente ? Peut-être simplement notre besoin de rendre le réel plus supportable et tenter de lui donner une forme plus habitable.