De retour lundi 25 août pour une 18e édition, le festival du Film francophone d’Angoulême rendra hommage cette année aux cinéastes québécois. Une proposition qui fait rêver avec une compétition qui a de quoi intriguer.
C’est déjà bientôt la fin de l’été et pour finir en beauté, qui aurait cru qu’on allait vous proposer d’aller en Charente ? Du lundi 25 au samedi 30 août, c’est la destination qu’il ne faut pas louper si on aime le cinéma. Il s’y déroulera la 18e édition du Festival du Film francophone d’Angoulême (FFA). Son programme va permettre d’assoir encore un peu davantage la bonne réputation de l’événement.
Le Québec, pays incontesté de ciné
Xavier Dolan, Denis Villeneuve, Monia Chokri… Il y a tant de noms québécois qui marquent le paysage cinématographique francophone et mondial. Il est totalement logique que le FFA accorde une large place au Québec pour sa 18e édition. Tous ces noms sont déjà au programme. Concernant Xavier Dolan, on retrouvera Juste la fin du monde.
Revoir ce long-métrage permet également de se rappeler à quel point Gaspard Ulliel était un acteur incroyable. Le film vaut pour sa performance dans le rôle principal. Pour Denis Villeneuve, les organisateurs ont eu l’excellente idée de proposer le film qui l’a révélé aux yeux du monde entier : Incendies. On prend un peu de recul avec sa période actuelle marquée par le goût pour la SF et les espaces épurés façon bloc opératoire. Dans Incendies, on assiste lentement à la composition d’une tragédie familiale sur fond de guerre au Moyen-Orient.

« Un plus un, Jeanne, ça fait deux. Ça peut pas faire un ». Une ligne de dialogue, une énigme : un trauma.
Focus sur Denis Arcand
Le FFA en profite pour rendre hommage au cinéaste Denis Arcand, figure du cinéma québécois. C’est notamment l’auteur de Gina, La Chute de l’empire américain et plus récemment de Testament. Sept de ses films et un documentaire sur cet artiste seront projetés.
Pour découvrir un plus jeune réalisateur, le festival propose deux séances des Chambres rouges, le troisième long-métrage de Pascal Plante. Un thriller passionnant à la tension palpable et parfois malsaine, qui a marqué l’année 2023. Le Québec sera aussi représenté dans le jury, avec la venue de Sara Montpetit. Certains l’ont découverte dans le superbe premier long-métrage de Charlotte Lebon : Falcon Lake, sur lequel Cinéfeel mécénat a accordé quelques lignes.
Une compétition aux petits oignons
De son côté, la compétition promet de belles nouveautés qui seront présentées en exclusivité au festival. On commence d’abord avec Le Gang des Amazones. L’atout maître du film : un casting 100% féminin, qui va mettre tout le monde d’accord : Lyna Khoudri, Laura Felpin, Izïa Higelin, Kenza Fortas (Shéhérazade) et Mallory Wannecque (L’Amour ouf). Pas besoin de lire le résumé pour être tenté. Mais on le présente quand même : « au début des années 1990, cinq jeunes femmes, amies d’enfance, ont braqué sept banques dans la région d’Avignon. La presse les a surnommées “Le Gang des Amazones“. Ce film est leur histoire ». Dix films sont en compétition, dans lesquels on retrouvera des acteurs largement appréciés tels que Camille Cotin, Vincent Macaigne, Cécile de France ou encore Aïssa Maïga.

On laisse aux Américains George Clooney et ses Ocean’s. Nous, on a nos amazones. (Marine Danaux_©2024 CHEYENNE FEDERATION – FRANCE 2 CINEMA – BENUTS – FEDERATION PICTURES)
Diversifié et engagé
Connu pour proposer autant de films populaires qu’engagés, le FFA ne fait pas l’impasse sur le second qualificatif. Il y a d’abord Furcy, né libre, avec Makita Samba, Romain Duris et Ana Girardot. Réalisée par Abd Al Malik, l’œuvre retrace l’histoire vraie d’un esclave réunionnais en 1817, qui a découvert des documents qui pourraient changer sa vie. Muganga – Celui qui soigne, dénonce les violences sexuelles commises sur les femmes en République démocratique du Congo. Promis le Ciel et Les Invertueuses abordent autour de personnages féminins les désirs d’émancipation. Les deux films se déroulant respectivement à Tunis et au Burkina Faso.
Diane Kruger présidente
Impossible d’aborder la compétition sans énoncer son jury. D’autant qu’il aura pour présidente la mondialement connue Diane Kruger. L’actrice francophone a toujours eu un lien très fort avec l’hexagone : « Si mes racines sont allemandes, mon histoire, elle, est profondément liée à la France », déclare-t-elle sur la page internet du festival. Elle sera accompagnée par neuf comédiens, chanteurs et personnalités du monde de la culture. Avec un tel casting et ce beau programme, le FFA montre qu’à l’approche de ses vingt ans d’existence, il devient un événement qui compte dans le monde du cinéma.