Parce que chaque cérémonie révèle son lot de bonnes surprises et de poncifs gênants, Cinefeel Mécénat a décidé de relever les moments des César 2026 qu’on a adoré et ceux qui nous ont déçus, voire consternés.
Jeudi 26 février, la 51e cérémonie des César a rendu ses verdicts. Après une soirée bien animée, Cinefeel Mécénat revient sur ce qui a plu et déplu.
On a aimé
Alison Wheeler, reine de la cérémonie
Encore trop peu mise en lumière dans le cinéma français à notre goût, Alison Wheeler a l’occasion de lui rappeler que la nouvelle reine de l’humour, c’est elle. Aucune comédienne ce soir-là n’a su fait rire la salle comme elle.
L’ancienne pensionnaire du Studio Bagel a démontré tout son talent a aligner les blagues avec naturel détonnant. Sa manière de mettre les pieds dans le plat avec une joyeuse candeur n’appartient qu’à elle. En démontre sa capacité à amener en un sketch de trois minutes l’Abbé Pierre et Jack Lang. La seule à proposer un si joli combo tout en finesse, la seule à s’être réellement faite remarquer ce soir-là, pour le meilleur, en raillant le pire.
Longue vie à Queen Alison. (Crédits : KRISTY SPAROW / GETTY IMAGES VIA AFP)
Franck Dubosc, enfin !
Il était très attendu et n’a pas décu. C’est dire le défi qu’a relevé haut la main Franck Dubosc après son formidable passage du Césario en 2025. L’acteur-réalisateur a remporté le prix du meilleur scénario original pour Un Ours dans le Jura et repassait derrière le pupitre. Pour un résultat implacable. Plus court mais tout aussi savoureux, la moindre des formules énoncée par l’humoriste a fait mouche avec élégance. Que ce soit pour son film ou ce qu’il est, Franck Dubosc le mérite et il le sait car “pas besoin de le retenir, il reviendra.”
Pierre Lotin, l’anomalie qui fait du bien
Pierre Lotin a doublé la triplette Fau, Dolan et Arlaud, qui jouaient dans L’Inconnu de la grande arche. Oui, il n’en finit pas de monter. Après avoir été nommé pour meilleure révélation 2025, il est lauréat du meilleur second-rôle dans L’Etranger. Surtout, c’est la spontanéité qu’incarne l’acteur qui fait du bien.
Il détonne dans le paysage et ses jurons en deviendraient presque un plaisir coupable. Alors que les téléspectateurs peinent à se reconnaître dans “la grande famille du cinéma” à chaque cérémonie, Pierre Lotin amène un peu de nous sur le pupitre.
A mettre dans le prochain Bingo : Pierre Lotin dit plus de fois le mot “m*rde” dans son discours que dans ses films. (Crédits : ABACA)
Marina Hand et Pauline Clément, César du sketch visuel
A part Benjamin Lavernhe, on a pas eu beaucoup de sketchs visuels. Mais il suffisait d’avoir Marina Hand et Pauline Clément pour s’en satisfaire. Les deux pensionnaires de la Comédie française ont régalé sur la remise du César des meilleurs costumes avec une partition visuelle et irrésistible. Un comique de gestes comme on aime à l’Olympia.
On est consterné
Paul Thomas Anderson, César du meilleur absent
On le sait. Que les Américains ne viennent pas chercher leur prix, sauf si c’est pour avoir du cirage de botte all night long (oui, on t’aime Jim Carrey), n’est pas un phénomène nouveau. Mais quand c’est pour avoir une chance sur cinq de récupérer le précieux compactage de taule dorée, ils sont aux abonnés absents. Pourtant, ils sont nombreux à louer notre pays comme une grande nation cinéphile. Alors que Paul Thomas Anderson récupérait à Londres un Bafta pour Une Bataille après l’autre seulement quatre jours plus tôt, il n’a pas fait de détour par Paris. Pour un amoureux du cinéma, ça la fout mal. Ok, son film a coûté très cher (130 millions) et a rapporté peu (200 millions). Mais si les hôtels sont trop chers à Paris, Thomas, Cinefeel vous accueille à bras ouverts pour la prochaine fois. Ça se monnaye juste par une interview.
La présentation des “César visuels”
Sérieusement, qui a compris comment était justifié la remise des César pour les décors, les effets visuels ou les costumes ? Pour illustrer ces catégories, la cérémonie a opté pour des présentations brouillonnes. Allez, on est dur avec la partie effets spéciaux quand il s’agissait de montrer les VFX de Chien 51 ou L’Homme qui rétrécit. Mais impossible de profiter de la beauté des costumes de La Venue de l’avenir ou Nouvelle Vague. Dommage, car certains spectateurs auraient aimé en savoir davantage sur la magie du cinéma.
Un Simple accident, crash aux récompenses
Tout ça pour ça ? Jafar Panahi a récolté la Palme d’or pour Un Simple accident et il est nommé dans plusieurs catégories aux César. Symbole de la rébellion iranienne, il est aussi une fierté française en figurant sous nous couleurs dans la catégorie meilleur film étranger aux Oscars 2026. On vous explique pourquoi dans cet article. Mais rien, nada, niet, walou, cpehichi (ça signifie « rien” en perse). Un si grand réalisateur à avoir choisi la France comme pays de profession est une chance immense. La France l’en remercie, mais pas avec un César. Le discours de Golshifteh Farahani sera le seul joli message de soutien.
Crédits : Jafar Panahi. Juste venu pour prendre la photo. (vrais crédits : (© THOMAS SAMSON / AFP)
Pas mal mais peut mieux faire
Le premier Bingo Cinefeel
On vous a proposé un petit Bingo pour vous éviter de vous ennuyer. On avait parié sur quelques longueurs et pas mal de situations habituelles. Fort est de constater qu’on a eu raison sur ce point : Isabelle Huppert a tiré la tronche comme si elle subissait la cérémonie depuis quarante ans, Arco et Nino sont récompensés, on a entendu “SPLENDIIID” et “Je ne m’y attendais pas du tout”. Bien vu.
Mais certaines cases manquent à l’appel : Rachida Dati nous a posé le faux plan de l’année, Timothé Chalamet n’est pas venu revendiquer de César dans sa quête de gloire et Hafsia Herzi n’a pas mis tout le monde d’accord (sauf à la rédaction). Rendez-vous l’année prochaine. Avec la promesse que la soirée Bingo sera plus arrosée que jamais.