Ce n’est pas un hasard si Laura Wandel figure cette année parmi les membres du jury de la Compétition officielle du Festival de Cannes. En quelques films seulement, la réalisatrice belge a imposé un regard singulier sur l’enfance et les institutions qui l’entourent. Révélée avec Un monde (2021), puis confirmée avec L’intérêt d’Adam (2025), elle développe un cinéma du réel, attentif aux fragilités et aux zones grises.
Regarder avant de raconter
Formée à l’INSAS, Laura Wandel fonde son travail sur une immersion longue dans les milieux qu’elle filme. Avant l’écriture, elle observe, écoute, s’imprègne du terrain. Pour L’intérêt d’Adam, elle passe plusieurs semaines dans un hôpital pédiatrique, au contact des équipes médicales et du monde judiciaire. « Cette immersion m’a aidée à mieux comprendre combien le médical, le social et le judiciaire sont imbriqués », explique-t-elle. Le film naît ainsi de l’expérience du réel.
Regarder l’enfant dans son environnement
Dans Un monde (Prix Fipresci Un certain Regard – Cannes 2021) comme dans L’intérêt d’Adam, l’enfance est toujours filmée en lien avec les adultes et les institutions qui l’entourent. Une conviction traverse son cinéma : « Prendre soin de l’enfant, c’est aussi prendre soin du parent. » Laura Wandel refuse les lectures simplificatrices et filme des personnages pris dans des systèmes contraints, confrontés à l’urgence et au manque de moyens.
Regarder sans simplifier
En plaçant sa caméra à hauteur de ceux qui ne décident pas tout — enfants, parents, soignants — Laura Wandel revendique un cinéma de la nuance.
Ce refus de simplifier, cette attention portée aux zones grises, résument le cinéma de Laura Wandel. Un regard patient et exigeant, qui fait écho à sa place de jurée à Cannes. Pour elle, regarder reste un geste essentiel — et profondément politique.