Le Grand Blond du cinéma français, Pierre Richard, a célébré ses 91 ans le 16 août dernier— une carrière toujours aussi vibrante, malgré les affres du temps.
Un retour attendu derrière la caméra
Près de trois décennies après son dernier long-métrage en tant que réalisateur (Droit dans le mur, 1997), Pierre Richard revient devant et derrière l’objectif avec son huitième film, L’homme qui a vu l’ours qui a vu l’homme, présenté en avant-première au Festival de Cannes 2025
Un tournage exigeant
Tourné entre Gruissan et Armissan, dans l’Aude, ce film narre l’amitié touchante entre Grégoire, un ermite et Michel, un jeune poète autiste Asperger — deux âmes sensibles réunies autour d’un ours échappé. Au-delà de cette poésie visuelle, c’est un défi physique colossal : accueillir, encadrer, interpréter… à 91 ans, Pierre Richard concède que cela réclame une énergie qu’il ne peut plus mobiliser sur la durée.
L’adieu aux ambitions de réalisateur ?
« Je crois que je n’en referai plus, parce que physiquement, une aventure de deux ans et demi, c’est quand même très dur », confie-t-il avec franchise. Il explique que, dans son état actuel, il se verrait plutôt se reposer sur une chaise entre deux plans, privilégiant la paix intérieure à l’épuisement du plateau.

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Une lucidité pleine de grâce
« Je ne vais pas jurer comme Aznavour en disant « c’est ma dernière », pour finalement continuer encore, » ajoute-t-il avec un sourire teinté de philosophie. Cette lucidité élégante rappelle qu’au cinéma comme ailleurs, seuls restent ceux qui savent entendre les limites de leur propre rythme.
En résumé
À 91 ans, Pierre Richard signe un retour éclatant en tant que réalisateur et acteur avec un film émotionnel fort, auréolé par l’accueil chaleureux du public cannois. Malgré sa passion intacte, il observe que son corps ne suit plus le rythme, marquant probablement une pause, voire la fin, de ses projets derrière la caméra.
Son regard serein sur cette étape de vie rappelle à quel point il reste, plus que jamais, un monument du cinéma français, capable d’allier éclat créatif et sagesse personnelle.