On a tous connu la colo : un été où rentrer propre était optionnel et où finir couvert de sable, de peinture ou de confiture faisait partie du jeu. Réalisé par Lise Akoka et Romane Gueret, coup de cœur des spectateurs cannois en 2025, Ma frère reprend ce décor culte de l’été pour poser un regard sensible et drôle sur une jeunesse qui tâtonne, se dispute, rit… et grandit en même temps que ceux qu’elle encadre. Trois raisons suffisent pour se laisser embarquer au cinéma.
1. L’été sans se prendre au sérieux
Ma frère montre l’adolescence avec justesse, sans clichés ni artifices. Shaï et Djeneba, 20 ans et amies d’enfance devenues animatrices le temps d’un été dans la Drôme, naviguent entre doutes, hésitations et éclats de rire. Le film s’attarde sur les petits moments du quotidien — préparation des repas, veillées au bord de la rivière, discussions avec les enfants — et rend leurs relations crédibles et touchantes. Une immersion dans l’été qui évoque avec humour Nos jours heureux, entre le pétage de plomb de Caroline, mono au bout du rouleau, et les plats trop gras du cantinier Jean Benguigui.
2. Un trio et une troupe irrésistibles
Shirel Nataf (Shaï) et Fanta Kebe (Djeneba) forment un duo complice et spontané, entraîné par l’énergie débordante des enfants. Amel Bent, dans son premier rôle au cinéma, incarne Sabrina, la directrice, avec justesse : capable de guider le groupe tout en laissant place à la fantaisie de chacun. Exercice réussi pour Amel !
Pour constituer la vingtaine de jeunes comédiens non professionnels, Akoka et Gueret ont mené un casting sur un an, rencontrant 1 500 enfants d’écoles, de maisons de quartier et de centres de loisirs. Comme elles le disent elles-mêmes : « On choisit les enfants comme les adultes, pour leurs qualités d’acteur ». Chaque interprète apporte sa singularité, et le résultat est un film vivant, solaire et plein de spontanéité, où l’on se laisse emporter par l’énergie du groupe et la vitalité de l’été.
Ma frère
3. Une colo qui respire la jeunesse
« Parfois je me dis que je peux changer un tout petit peu la vie d’un enfant, vas-y toi même tu sais y’a des rencontres qui comptent… » confie Sabrina dans le film. Dans Ma frère, la colo devient le reflet d’une génération pleine de curiosité et d’enthousiasme. Rarement le cinéma a montré la colonie de vacances avec autant de fraîcheur. La caméra suit ces jeunes dans leurs premières expériences d’apprentissage et d’autonomie, transformant chaque feu de camp ou activité quotidienne en moments d’émotion et de découverte. On plonge avec eux dans ce microcosme estival et, à la sortie, on a presque envie de repartir pour l’été prochain.
En bref, Ma frère est un souffle d’air frais : drôle, sensible, énergique, et rempli d’instants qui restent en mémoire.