cinefeeel-mecenat-symbole-noir

L’AFFAIRE BOJARSKI, quand “faussaire” est synonyme d’artiste

Dans un récit peu inspiré, le réalisateur Jean-Paul Salomé revient sur le parcours de Jan Bojarski, connu pour avoir falsifié des billets de banque dans les années 50.

Avoir un « Bojarski » chez soi, c’est tout comme avoir un Cézanne ou un Picasso. Ces « œuvres d’art » (oui, n’ayons pas peur des mots), peut-être même que Papi et Mamie, dans leur jeunesse, les ont possédées sans même le savoir, le temps d’acheter la baguette de pain ou la pièce du boucher….

L’AFFAIRE BOJARSKI revient, pendant 2 heures, sur les (mé)faits accomplis par Jan Bojarski. Le bonhomme, aujourd’hui décédé, a réussi, pendant plus de 15 ans, à falsifier des billets que même la Banque de France n’arrivait pas à détecter, tellement ils étaient encore plus vrais que les vrais.

L'affaire Bojarsky

Certains étendent le linge, d’autres les billets.

Histoire bluffante…

Nous sommes dans les années 50-60, et faire des Francs dans son garage, avec des machines créées de toutes pièces, à force de patience et de précision, frôle l’admiration. C’est bien ce sentiment là que le réalisateur Jean-Paul Salomé (Belphégor, La Daronne, La Syndicaliste), veut bien nous faire émerger nous, dans ce film divertissant, guère plus, dont la mention « inspiré de faits réels » des les premières secondes reste le témoignage du classicisme bien ancré de ces œuvres qui n’ont que ça à vendre pour réellement emporter le public avec soi. 

Car il est bien là, et seulement là, l’intérêt du film. Découvrir l’histoire hors-norme de cet individu, d’origine polonaise, qui a réussi à déjouer les autorités pendant des années, malgré les moyens mis en œuvre pour tenter de le débusquer. 

Pour l’incarner, on a fait appel à Reda Kateb, gueule du cinéma français, épaulé par Sarah Giraudeau, dans le rôle de l’épouse bercée d’illusions face à son facétieux de mari. On y retrouve Pierre Lottin, qui fait du Pierre Lottin (on l’a aimé dans L’Etranger, on l’aime toujours oui, mais sortira t’il bientôt de ces personnages un brin bourrus, à la limite du caricatural ?). Sans zapper ce cher Bastien Bouillon, qu’on a beaucoup apprécié dans Partir un jour et Connemera.

L’acteur livre ici une interprétation intéressante du commissaire de police, dans un style Melvillien pas déconnant, renforçant le côté « polar a l’ancienne » du film, pas déplaisant non plus.

…Mais scénario sans panache

Car du plaisant, il y en a, dans ce film, soyons sincères. De ce casting, de ce récit, le réalisateur souhaite évoquer en filigrane des thématiques qui résonnent. En premier lieu, on fait ressortir le génie de ce type, inventeur du stylo à billes et de la machine à café avec les capsules uniques !, mais dont la nationalité ne laisse aucune chance dans une France verrouillée. « La France ne nous a pas voulu, alors tu lui fauches son pognon », dira son pote galérien. Un regard se dessine sur la question de l’immigration et de l’insertion sociale, à travers le parcours de cet homme en quête de reconnaissance. De la, naît une escalade périlleuse et méthodique dans la vie de faussaire.

Et L’AFFAIRE BOJARSKI captive tout particulièrement lorsqu’il s’attarde sur la technique employée par le faussaire, cette recherche absolue d’aller plus loin que la perfection, d’être plus fort que le vrai, qui permet à cet individu de fabriquer des Francs d’une grande précision, que même les petits hommes gris de la Banque de France en perdraient leur tirelire. De là découle un petit jeu du chat et de la souris entre policiers et voyou, sans grand relief, peut-être parce que les influences des grands classiques du genre se font ressentir, trop largement ressentir.

L'affaire Bojarsky

Le Gouvernement lorsqu’il découvre sa côte de popularité dans les sondages.

Car voilà. L’AFFAIRE BOJARSKI reste sage, sans véritable inspiration. C’est bien là le gros péché du film. La confrontation policier / faussaire manque de panache, quand elle n’est pas tirée par les cheveux. 

Le public ressent, beaucoup trop souvent, le caractère purement fictif de ce qui lui est montré. Autrement dit, entre les séquences inventées et les moments romancés, le film n’a finalement pas grand chose à dire, et souffre clairement d’authenticité. Et ça, c’est le comble, pour un film dédié à l’un des meilleurs faussaires de France, dont les pièces se vendent encore aux enchères. Papi, Mamie, il vous resterait pas un billet « Bojarski » caché dans un tiroir, par hasard ?

5 2 votes
Note de l'article
S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Les ateliers et les rencontres avec des professionnels du cinéma constituent une autre facette essentielle des événements cinématographiques à Lyon. Le Festival Lumière, en particulier, propose des Masterclass animées par des réalisateurs, des acteurs et des critiques de cinéma renommés.

Découvrez les coulisses de la création cinématographique et échangez avec des figures emblématiques du 7e art. Tout se déroule dans le Village du Festival Lumière, installé dans le parc de l’Institut Lumière.

Le village est un lieu de rencontre où le public et les invités peuvent se retrouver autour de stands de DVD, de librairies spécialisées dans le cinéma. Ces interactions enrichissent l’expérience cinématographique et favorisent la transmission des connaissances et des passions entre les générations de cinéphiles.

Les Fonds de dotation à Lyon permettent de mettre en relation des jeunes talents, des producteurs locaux et des mécènes du cinéma. Le but ? Soutenir le mécénat culturel et les projets audiovisuels indépendants.

Outre le Festival Lumière, Lyon accueille tout au long de l’année divers événements cinématographiques. Les « Nuits du cinéma » proposent des marathons de films cultes, tandis que des projections de films muets accompagnés de musique live offrent une expérience unique.

Des séances familiales et des événements accessibles à tous les publics, des enfants aux personnes âgées, renforcent la passion pour le 7e art et maintiennent une culture cinématographique vivante dans la ville.

pictogramme-oeil-3-bordure
Surprise
Abonnez-vous à notre newsletter
Uppercut

Ici, on vous décrypte l’actualité ciné et ses bons plans poing par poing.

0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x