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Pas son genre, Emilie Dequenne tombe amoureuse malgré de gros red flags

Arte rediffuse vendredi 13 mars Pas son genre, une comédie romantique pas si drôle et pas si romantique mais pragmatique, qui questionne la possibilité de tomber amoureux malgré le déterminisme social.

On se demanderait presque s’il n’y a pas un peu de mesquinerie de la part d’Arte à diffuser une comédie romantique un vendredi 13. Surtout Pas son genre, qui refuse de se la jouer feel-good movie mais plutôt vraie-vie movie. Sorti en 2014, le long-métrage donne l’un des rôles les plus marquants à la regrettée Emilie Dequenne. La chaîne franco-allemande propose un bel hommage en le programmant à cette date, alors que l’actrice est décédée il y a tout pile un an, le 16 mars 2025.

Elle y interprète Jennifer, une jeune mère célibataire. Rien ne semble la préoccuper dans sa petite vie tranquille, jonglant entre son métier de coiffeuse et ses immanquables soirées karaoké entre copines. Jusqu’à ce que l’arrivée de Clément (Loïc Corbery) ne vienne donner un supplément d’âme à une routine dont elle se satisfait. Lui est parisien, professeur de philosophie affecté (condamné*) à Arras et ses lectures oscillent entre Kant ou Baudelaire. Facile d’imaginer qu’il lui sera difficile de tenir dans une commune du Nord où il n’y a aucun bar à thé matcha mais plus de bowlings que de musées. C’est la petite faute de goût de Lucas Belvaux qui oppose des protagonistes grossièrement stéréotypés.

Pas son genre

Quand tu passes d’Assas à Arras.

Pas de points communs et alors ?

Pas son genre

À noter : La photographie du film présente aussi de vrais coups d’éclats (Copyright Agat Films & Cie). Certains plans sont magnifiques.

Les deux vont être attirés l’un à l’autre, curieux de leurs différences. Rapidement, Clément va comprendre qu’il n’est pas à sa place dans le monde coloré de Jennifer et parfois on le comprend. La journée de l’Arrageoise s’ouvre sur un plan de rideaux plus bariolés qu’un nuancier et son style vestimentaire ferait passer un ensemble Desigual pour du Zara. Le sourire éternellement candide, elle s’exprime dès le début par un petit fredonnement routinier. La note d’intention est claire : Lucas Belvaux confesse un côté Jacques Demy dans son film.

Un karaoke et la partition parfaite d’Emilie Dequenne

Si le film rayonne, c’est bien sûr grâce à Emilie Dequenne avec l’un de ses meilleurs rôles. Le long-métrage vaut au moins pour cette scène qui a tout le mérite de devenir culte. Trois minutes de plan serré sur I Will Survive où dans son jeu tout y passe : l’assurance, la rage, la tristesse, l’espoir. Le film nous laisse avec le constat amer d’un amour contre nature et elle nous quitte avec une révélation : Jennifer reste un personnage pas si naïf, résolument optimiste et merveilleusement incarné par son actrice. Elle fait de cette scène un requiem qui hérisse les poils du spectateur et fait battre le cœur de son partenaire.

“A demain ? Tu m’envoies un texto quand t’es rentré ? Je t’ai querre biloute.” (Copyright Agat Films & Cie)

Mieux vaut rester candide ?

Loïc Corbery est impeccable également. On ne sait jamais si l’envie de partager son univers est un acte de générosité ou une volonté de la transformer. Chacun de ses regards traduit un intérêt passionné pour ce qu’il juge être une innocente provinciale. Mais le mal est fait, puisque le jugement est là. Comme lorsqu’il lui donne le statut de “kantienne” et qu’elle répond “merci pour la leçon professeur”. Une ambiguïté qui en fait un amoureux cruel. Concernant Jennifer, cette candeur la pousse à être heureuse quoi qu’il arrive, comme si le jour suivant était un nouveau départ. La scène du karaoke résume parfaitement tous ces états d’âme, en chantant quoi qu’il en coûte. Victime du déterminisme social ? Peut-être. Mais héroïne humaine et courageuse avant tout dans laquelle chacun se reconnaîtra, intello ou pas.

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